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Église Saint-Étienne

Vallouise - Église Saint-Étienne

Photo Vallouimages -  Sept. 2007

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Façade est - Chevet

Vallouise - Église Saint-Étienne

Photo Vallouimages -  Mars 2014

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Façade sud - Porche

Vallouise - Église Saint-Étienne

Photo Vallouimages -  Mars 2014

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Église Saint-Étienne

Vallouise - Église Saint-Étienne

Classée au titre des monuments historiques depuis le  22 octobre 1913, l'église Saint-Étienne de Vallouise constitue avec ses abords un ensemble de toute beauté, l'un des plus beaux de la région sinon des Alpes.

Principale église de la vallée, elle fait partie d’un réseau de cinq églises (1) et de vingt-quatre chapelles encore existantes situées dans les différents villages et hameaux.

Elle est située (2) sur la place principale du village de Vallouise, Ville-Vallouise (3) chef-lieu de la vallée, au pied des premiers contreforts de la montagne de la Blanche et en bordure septentrionale de la plaine où convergent les vallées du Gyr et de l'Onde.

Elle domine majestueusement les toits du village dont elle rythme la vie avec son carillon.

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Elle structure le tissu urbain et la voirie autour d’elle. La place de l’Église constitue en effet le centre du bourg avec plusieurs commerces et services à proximité et la tenue du marché tous les jeudis. L’orientation de l’église impose une ligne de force vers l’est, avec la rue du Centre et le pont qui se trouvent exactement dans l’axe de l’église. Ainsi, sa façade à l’est constitue un élément fort dans la composition spatiale du village. En effet, la hauteur du chevet et l’ampleur de son décor peint s’imposent à celui qui arrive au village depuis le pont et l’immense représentation de saint Christophe, marchant et portant l’enfant Jésus, dominait l’arrivant de tout son symbolisme légendaire.

L’église donne aujourd'hui directement sur la place récemment refaite mais elle était entourée encore par le cimetière jusqu'en 1952, comme c'était l'usage autrefois. Il fallait alors pousser une grille en fer forgé pour pénétrer dans l'enceinte commune du cimetière et de l'ensemble ecclésiastique constitué de l'église et de la chapelle des Pénitents. Celle-ci est située en arrière-plan de l’église, déjà dans la pente. Une petite place a été aménagée sur l’emprise de l’ancien cimetière devant la façade est de l’église et son Réal. Par un jeu de gradins et de murets, elle constitue une sorte de parvis commun à l’église et à la chapelle des Pénitents.

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Elle est consacrée à saint Étienne, un juif helléniste. Celui-ci est considéré comme un saint universel qui occupe l'une des toutes premières places dans le culte des saints au Moyen Âge. Au contact des apôtres, il fut l'un des sept premiers diacres et fut le premier martyr en l'an 33 au tout début de la religion chrétienne naissante.  Son martyre constitue du reste, dans la réalité historique, la première d'une longue série d'imitations du sacrifice du Christ par les chrétiens persécutés. Ceci explique, d'une part, la précocité et le développement de son culte dès le haut Moyen Âge, et d'autre part, le nombre exceptionnel d'églises, notamment de cathédrales, placées sous son vocable. La mention la plus ancienne de l'existence d'une Église Saint-Étienne à Vallouise remonte au tout début du XIIe siècle (4).

Les trois diacres, saint Étienne le juif, saint Laurent  le romain et  saint Vincent de Saragosse  l'hispanique sont souvent associés. Ils sont considérés comme les archétypes des martyrs (5) car la succession de leurs tortures et leurs morts violentes rappellent immédiatement la passion du Christ. Ils sont associés également à Vallouise, où on retrouve également  saint Laurent dans l'église Saint-Laurent des Vigneaux et saint Vincent de Saragosse dans la Chapelle Saint-Vincent à Puy-Saint-Vincent. Le message du culte de ces martyrs est triple pour la population : d'abord le martyre est vécu comme une imitation du Christ et dont l'enjeu est, pour le martyr pris comme modèle, son salut éternel ; ensuite comme une résistance face au paganisme (6).

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Il ne reste probablement rien de l'église moyenâgeuse.

La date de construction de l’église actuelle est incertaine (7). Elle est typique des églises briançonnaises de style roman construites dans la seconde moitié du XVe siècle à l’époque où la vallée devint Vallis Loysia après la fin des persécutions contre les Vaudois (8). Sa façade à l’est était alors décorée d’une gigantesque peinture représentant saint Christophe et le bas du clocher à l’ouest – alors dégagé – d’une fresque d'un cycle des vertus, des vices et de leurs châtiments.

Sa façade sud fut embellie au XVIe siècle par un porche qui protège un tympan décoré d’une représentation de l’Adoration des mages et par une magnifique porte aux vantaux sculptés en relief garnis d’un verrou au pêne décoré caractéristique de l’époque. À l’intérieur, un autel secondaire – aujourd’hui disparu – fut installé contre le mur du clocher dans une structure à baldaquin entièrement peinte qui constitue un des joyaux de l’église. Il est aujourd’hui remplacé par une Pietà également du XVIe siècle. Le mobilier s’enrichit également au début du XVIe siècle d’un baptistère monumental à cuve monolithique surmontée d’un couvercle en bois sculpté. Les deux panneaux de porte étaient particulièrement ouvragés et portent la date de réalisation, 1518. Les panneaux en place sont des copies à l’identique des panneaux d’origine volés.

Le XVIIe siècle vit en 1603 l’installation dans le clocher de la plus grosse des quatre cloches. Elle s’y trouve toujours et… sonne faux ! Surtout, l’intérieur de l’église prit son allure à peu près définitive avec l’installation du maître-autel surmonté d’un imposant retable en bois de mélèze sculpté et doré à l’or fin et de l’autel du Rosaire, également intégré dans un retable de même style mais plus simple, dans la chapelle latérale gauche.

À la fin du XIXe siècle (9), la représentation de saint Christophe sur la façade est a été recouverte par une figure de saint Étienne. Les trois horloges sur les faces est, sud et nord du clocher ont été installées avec leur mécanisme en 1890 en remplacement d'horloges primitives à une aiguille, que deux cadrans solaires aujourd’hui disparus complétaient sur les faces est et sud. Le mécanisme d’origine des horloges est toujours en place mais a été découplé et remplacé par un modèle électrique en 1969.

Grâce à sa bonne acoustique, chaque été depuis 1993, l’église résonne des concerts de musique de chambre du festival Musiques en Écrins et s’inscrit ainsi pleinement dans le développement culturel de la vallée.

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Notes : 

1. Outre, les églises de chacune des quatre communes, la chapelle de Puy Aillaud est devenue église paroissiale en 1844 sous les vocables de Sainte-Anne et de Sainte-Agathe. Les autres chapelles sont réparties dans les différents hameaux de vallée ou en altitude. Trois au moins ont disparu à la Bâtie des Vigneaux, à la Casse et à Prey d’Aval. Leur étude (en cours) sort du cadre de cet ouvrage.

2. Coordonnées Lambert : X = 928 025  Y = 3291 200. Altitude : 1165 m. Cadastre : section B, parcelle 853.

3. Ville-Vallouise, ou plus simplement Ville, chef-lieu de la commune de Vallouise et de toute la vallée avant la Révolution.

Pour mémoire, avant la Révolution, la communauté de Vallouise regroupait l’ensemble des villages et hameaux de la vallée. Elle était divisée en trois tierces : Vallouise et les Vigneaux, la Pisse et le Puy. La communauté éclatera à la Révolution en quatre communes : Vallouise, Les Vigneaux, La Pisse, qui deviendra Pelvoux en 1893, et Puy-Saint-Vincent.

4. Le Cartulaire d'Oulx mentionne une église à Vallouise en 1118, et sous le vocable de Saint-Étienne en 1120. Cité par les Cahiers de l'Inventaire, 1987.

5. Ils sont souvent représentés avec les attributs des martyrs, la palme et la couronne (Στέφανος, Stéphanos en grec), symboles importants de la victoire des martyrs.

6. Pierre-Yves Fux, « Le culte des martyrs », in Les sept passions de Prudence. Thèse de doctorat, Université de Genève, 2003, p. 11 à 15.

7.  À ce jour aucun document d’archives faisant explicitement référence à sa construction n’a été trouvé, mais les études récentes menées par Chantal Mallet-Desvignes situent sa construction en plusieurs phases durant la seconde moitié du XVe siècle (ouvrage à paraître).

8. Dès 1469, on trouve Valle Loysia en l'honneur du Dauphin, futur Roi Louis XI. En 1478, celui-ci officialise en quelque sorte le nouveau nom Vallis Loysia dans des lettres patentes destinées à faire cesser les persécutions contre les Vaudois, qui ne s’achèveront qu’en 1488 avec le massacre dans le vallon de Celse Nière, au-delà d’Ailefroide.

9. ... et non à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle, comme on le voit encore mentionné dans beaucoup d'ouvrages. C'est le saint Christophe entier, sans mention du saint Étienne, qui est décrit par les voyageurs vers le troisième quart du XIXe siècle.

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Articles connexes :

Église Saint-Étienne

Place de l'Église

Clocher de l'église

Église Saint-Laurent

Chapelle Saint-Vincent

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Sortie

Version 1.00

Octobre 2004

. Paysages et Patrimoine de Puy-Saint-Vincent, village de la Vallouise et du Pays des Écrins, aux portes du Parc National des Écrins