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Vallée de la Clarée - La Vachette, et, au-delà Briançon

La Vachette - 1985

Vallée de la Clarée - Val-des-Prés

Val-des-Prés - 1985

Vallée de la Clarée - Plaine de Névache

Vallée enneigée ou vallée en fond de vaisseau ?

Vallée de la Clarée - Plaine de Névache

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Vallée de la Clarée ou Vallée de Névache

On appelle indifféremment la vallée soit vallée de la Clarée soit vallée de Névache. On entend ou on lit même parfois le nom de Névachie - terme érudit peu élégant et d'ailleurs peu usité. La Clarée est le nom du cours d'eau qui parcourt la vallée. Névache est le nom du village emblématique de la vallée. C'est aussi son nom d'origine - Annavasca valle en 739.

L'appellation Clarée est beaucoup plus récente, ses premières indications remontent au début du XVIIIe siècle, sur la carte de Cassini en 1744 - la Claire. On trouve aussi le Claret, le Clairet, la Clairée sur les anciennes cartes. Ce nom lui vient certainement de la clarté remarquable de ses eaux. Aucune forme ancienne ne permet de remonter  à une autre étymologie. Auparavant elle était simplement appelée littéralement l'Eau de Névache - Aqua de Nevachia en 1317, Aqua Nevachie et Aqua Nevachete en 1347, Aqua Nevachie en 1379 et 1426 [Roman (J)].

Les documents cartographiques des XVIe et XVIIe siècle lui donne le nom de Druenza en distinguant une Druenza magna - notre belle Clarée, et une Druenza piccola  - la minuscule Durance actuelle [Pedemontana regio - Mercator (1589), carte du Dauphiné - Tassin (1634), Sanson d'Abbeville (1641, 1648, 1652), Borgonio (1680)]. Pas de confusion, la Durance n'a pas emprunté son nom à la Clarée, mais l'a au contraire imposé au cours d'eau effluent.

Une carte du XVIIIe siècle, la nomme la Claire en amont de Plampinet et la Dure en aval. La même carte désigne la Guisane sous le nom d'Ance et nomme enfin Durance la réunion des deux cours d'eau en aval de Briançon [Rostolland] !

Pour les locaux, notre rivière est longtemps restée simplement l'Aïgue, l'Eau, voire la Grand' Aïgue, la Grande Eau. Elle prend sa source à la Mère de l'Aïgue et traverse le Plan de l'Aïgue à Fontcouverte.

L'appellation Annavasca ou Annevasca remonte au contraire à la nuit des temps à l'époque préceltique des ligures. Elle a même peu varié dans le temps : Annavasca en 739, Nevasca en 1118, 1158 et 1183, Nevascha en 1225, Nevachia en 1330, Nevasia en 1334, Novachia en 1358, Navaysse en 1568, Neuvache sur la carte de Cassini [Roman (J)], mais aussi Navaschia au XIe siècle - Castrum de Navaschia, Navissia, Navaychia, Navasche, Navascha en 1343 - Condominus de Navascha, Naveichia, et, même Nepvache [Bouquier (S)].

La tradition érudite [Rostolland (H), 1930] et la facilité donne le sens de vallée enneigée à la vallée de Névache à partir de Annavasca valle et sa variante Annevasca valle, n'hésitant pas à associer le latin NEV- < latin NIX, NIVIS = neige au suffixe ligure -ASCA.

Hypothèse rejetée par les toponymistes, pour son incohérence linguiste, qui avancent au contraire l'hypothèse à partir d'un nom d'homme gaulois AN(N)AVO ou romain AN(N)AVUS + suffixe ligure -ASCA [Dauzat-Rostaing (1983), Bouvier (2002), Faure (1998), Nègre - § 1234 (1990)] en donnant au suffixe le sens de propriété, la ferme de An(n)avo, en quelque sorte, en repartant sur une nouvelle incohérence temporelle.

Plus vraisemblablement, [Bouquier (1974)] l'étymologie est à rechercher du côté du radical hydronymique préceltique voire même pré-indo-européen NAV- > NAVA = vallée à fond plat, circulaire ou semi-circulaire, associé au suffixe ligure -ASCA que l'on retrouve en de nombreux lieux : crêtes de Naves, signal de Naves, Navacelles, Nabas, Nages, la Navisanche, Antonaves, Navette, Navas, ... pourtant repéré par Dauzat-Rostaing et Faure auquel ils donnent le sens de plaine, plateau.

Ceci confirme une constante de la toponymie, les anciens noms utilisés pour désigner respectivement une montagne, une rivière, une vallée, ... comportent le sens de montagne, rivière, vallée, ... , et ce d'autant plus que l'appellation est ancienne !

Annavasca, Névache, c'est la vallée à fond plat. Même valle est déjà de trop, mais en 739, le sens d'origine était peut-être déjà perdu.

Pour Dauzat-Rostaing, NAV-, NEV-, NIV- sont trois variantes vocaliques du même radical hydronymique pré-indo-européen NAV- à l'origine de nombre de cours d'eau :

Les voisines, la Névache ou Neuvache et la Névachette ou Neuvachette à Valmeinier et Valloire. L'homonyme, la Navaccia, affluent de la Tartagine en Corse et un autre Navaccia, au bord du Lac Trasimène en Ombrie (Italie). Et même deux que l'on ne peut soupçonner d'avoir un lien quelconque avec la neige : la Nièvre, affluent de la Somme - eaue de Neve en 1267, et la Nièvre, affluent de la Loire - Nevera autrefois.

Ernest Nègre dans sa TGF donne plusieurs exemples de noms de lieux remontant au radical *NAVA = vallée, auge, qu'il donne comme préceltique mais déjà indo-européen, comme les Ligures. Comme Dauzat-Rostaing, il rate le coup pour Névache, préférant un très hypothétique patronyme intemporel.

Références

Bouquier, 1974 : BOUQUIER (S) - Guide historique et touristique de la vallée de Névache

Bouvier, 2002 : BOUVIER (JC) - Noms de lieux du Dauphiné

Dauzat, Rostaing, 1983 - DAUZAT (A),  ROSTAING (C) - Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France

Faure, 1998 : FAURE (A) - Noms de lieux et noms de familles des Hautes-Alpes

Ferrand : FERRAND (H) - Le Pays Briançonnais - De Briançon au Viso, la vallée de Névache et le Queyras

Gros, 1935 : GROS (A) - Dictionnaire étymologique des noms de lieux de la Savoie

Nègre, 1990 : NEGRE (E) - Toponymie Générale de la France, TGF

Romagne, 1981 : ROMAGNE (Abbé L) - Églises et Chapelles de Névache

Roman, 1884 : ROMAN (J) - Dictionnaire topographique du département des Hautes-Alpes

Rostolland, 1930 : ROSTOLLAND (H) - Névache et la vallée de la Haute-Clarée

Sentis, 1982 : SENTIS (G) - Névache et sa vallée

Toponymie de la Clarée - Étude et Étymologie des noms de lieux de la Clarée.

 

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